Badminton : Philippe Giguère

6 octobre 2017

Philippe Giguère est étudiant au Doctorat en Pharmacie à l’Université Laval. Il fait partie du club de badminton Rouge et Or depuis 2015.

Du 1305-B à Taipei…
Le 19 mars dernier, tout juste après ma finale au Championnat canadien universitaire, le président de Badminton Canada m’annonçait que je faisais officiellement partie de l’équipe canadienne qui allait s’envoler pour les Universiades à Taipei. Quelques minutes plus tard, Mathieu Tanguay (le grand manitou des communications) me demandait de décrire ce que cette qualification voulait dire pour moi. J’avais alors répondu : les Universiades, tout comme les Jeux du Québec, les Jeux du Canada ou les Jeux PanAm, représentent bien plus qu’un simple tournoi de badminton. Les lignes et le terrain sont les mêmes, mais il y a ces alentours, ce contexte, qui rendent ces grands rassemblements si spéciaux. J’ai vraiment hâte! Le 18 août, j’atterrissais à l’aéroport de Taipei prêt à confirmer ce que j’avais dit cinq mois plus tôt.

Dès mon arrivée à l’aéroport, une charmante attachée, Rina, s’empresse de m’accueillir et de me guider. Le sentiment de VIP se fait déjà sentir alors qu’à peine dix minutes plus tard, j’embarque dans un véhicule officiel en direction du village des athlètes situé à environ trente minutes de l’aéroport, le temps nécessaire pour apprendre les rudiments du cantonais avec Rina. Une demi-heure plus tard, j’arrive à ce qui allait être ma maison pour les deux prochaines semaines et la source de plusieurs souvenirs.

Ma première impression du village : des bénévoles souriants partout, des installations impressionnantes et de la chaleur, beaucoup de chaleur. En effet, le village et les différents sites de compétitions fourmillent de bénévoles facilement reconnaissables par leur bonne humeur et leur chandail turquoise. Peu importe l’heure de la journée, le sourire est collé au visage de chacun et chacune. Évidemment, la plupart d’entre eux sourient de gêne face à ces milliers d’inconnus provenant des quatre coins du globe. Malgré tout, leur bonne humeur et leur générosité ont animé les Universiades du début à la fin.

Mais revenons au village. Un mot… impressionnant. Tout est neuf, tout est propre. Spécialement construits pour les Universiades, tous les bâtiments (une trentaine) sont ornés des drapeaux à l’effigie du pays des athlètes qui y habitent. Après avoir constaté que nous étions en  sécurité au village et avoir rencontré le chef de mission du Canada, Austin (autre membre de l’équipe) et moi nous dirigeons à notre chambre qui se situe dans une des deux maisons que le Canada partage avec les athlètes de l’Australie. Je partage mon appartement avec les quatre autres joueurs de badminton et deux athlètes de track & field/Olympiens. L‘appartement est assez simple avec trois chambres, deux salles de bain, une cuisine et une salle à manger. Et, j’oubliais, de l’air climatisé! Fait intéressant, ma chambre est située au sixième étage. Le sixième étage fait partie des derniers étages où il est encore raisonnablement possible de prendre les marches, car oubliez l’ascenseur, il est toujours plein. Notre bâtiment, au centre du village, offre aussi le service de lavage et la clinique médicale de l’équipe canadienne (avec son équipe incroyable).

Une fois installés dans notre chambre, nous partons vers la cafétéria, une cafétéria qui nous avait déjà été vantée par toutes les personnes que nous avions rencontrées jusqu’à présent. Ils avaient raison. Grosse comme un terrain de baseball, la cafétéria est l’attrait principal du village. L’ambiance y est toujours spéciale. Les bénévoles, fidèles à leur habitude, sont souriants et chaque athlète est fébrile à la pensée de la journée qui vient. Et, que voulez-vous de plus que de la nourriture à volonté de 5 h du matin à 11 h du soir? Bar à fruits, bar à viandes froides, bar à dessert, section asiatique, section world flavours, section italienne, section taïwanaise; il y en avait pour à peu près tous les goûts. Par contre, je ne vous cacherai pas qu’après 13 jours, j’ai pas mal fait le tour de tout ce qu’il y avait sur le menu. Néanmoins, personne n’ira se plaindre de la qualité et, surtout, de l’abondance de nourriture à laquelle on a eu droit.

La deuxième journée commence au village et de plus en plus d’athlètes s’installent. Le village devient peu à peu rempli de couleurs : orange pour les Pays-Bas, jaune et vert pour l’Australie, rouge pour le Canada, etc. Tout le monde se tient en petits groupes distincts, tout le monde parle une langue différente, mais tout le monde semble avoir la même excitation par rapport aux deux prochaines semaines et, surtout, par rapport à la cérémonie d’ouverture qui arrive à grands pas. Il est plaisant d’essayer de deviner quel sport pratique chaque athlète. Tu sais que les colosses russes de sept pieds sont en basket, que les filles aux épaules carrées sont en natation ou que les filles aux mollets de feu (clin d’œil à Joanie L’abbé) sont en soccer. C’est l’heure d’embarquer dans les autobus en direction de la cérémonie tant attendue. Attente. Impatience. Sourire. Marcher au milieu du stade et entendre tous les gens crier et applaudir, c’est un rêve devenu réalité. C’est le moment qui donne un sens à toutes ces années d’effort passées au PEPS dans le gymnase 1305-B.

Le reste des Universiades est tout aussi magique que les premiers jours. S’entraîner avec les meilleurs joueurs et joueuses au monde, voir les plus grands athlètes universitaires à l’action dans différents sports… tu ne peux pas vraiment demander mieux. Bouffe à volonté, ce n’est pas mal non plus!

J’aimerais finir avec une petite anecdote qui démontre bien l’atmosphère dans lequel on vivait durant ces deux semaines inoubliables : il est 15 h 50, je viens tout juste de perdre mon match contre Kai Schaefer, le joueur #1 de l’Allemagne. Pour me changer les idées, je décide d’aller voir la fin du match de basketball qui opposait le Canada à l’Allemagne au stade juste à côté. Une fois la partie de basket terminée et les idées changées, je me redirige vers l’amphithéâtre où se tenait la compétition de badminton. À peine sorti, du stade, je me fais accoster par 2-3 jeunes locaux les yeux brillants qui me demandent de prendre un selfie avec eux. Puis 10. Puis 20… J’ai finalement dû, après une quinzaine de minutes, dire que je devais y aller, car ce n’était pas près de se terminer. Ces quinze minutes m’ont ouvert les yeux. Les jeunes se foutaient de savoir si j’avais gagné ou non. L’important, c’était que j’étais là, à Taipei, à représenter mon université, mon pays. Ils étaient fiers pour moi. Ils étaient heureux pour moi. Ce petit moment ne veut peut-être rien dire, mais il m’a marqué à tout jamais.

Xiexie Taipei!


Ils sont étudiants-athlètes, entraîneurs, préparateurs physiques, physiothérapeutes, membres des conseils administratifs, dirigeants. Qu’ont-ils en commun? Ils ont tous le Rouge et Or tatoué sur le cœur!

Sur le blogue MA VIE EN ROUGE ET OR, ils partageront leur vision, leurs états d’âme et leurs défis personnels sur différents sujets de leur vie au sein du meilleur programme sportif universitaire au pays. Et ce, dans leurs propres mots. Bonne lecture!